(Tract publié avec le ras-le-bol)

C’est sur la base de ce principe qui est également un espoir que nous avons commencé à organiser notre cuisine populaire. À sens contraire de l’ère du temps, de ses guerres et de ses violences, nous croyons qu’il est essentiel de mettre de l’avant l’idée d’une société où chacun·e pourrait avoir accès à une vie bonne, à une vie décente.

La bouffe représente le point par lequel nous avons commencé à réfléchir. Organisée collectivement, la cuisine populaire offre un exemple limité, mais concret d’alternative à la misère capitaliste et à sa logique du chacun pour soi.

En cuisinant collectivement, en faisant du dumpster ou en allant cueillir aux champs, il y a un drôle de truc qui se passe dans notre tête: on fait l’expérience d’une certaine abondance. Cette abondance est bien sûre restreinte, mais elle fait son bout de chemin, elle crée un déclic: on arrive à la conclusion que nous produisons suffisamment pour nourrir tout le monde. Pourquoi alors y’a-t-il tant de gens mal nourris? Comment se fait-il qu’il y a des populations entières qui sont affamées et qu’il y a des gens qui meurent encore de faim dans le monde ? N’est-ce pas là un scandale quotidien contre lequel il faut s’insurger ?

C’est de là que vient notre conviction que «tout le monde devrait pouvoir manger à sa faim». Nous avons les moyens de nourrir l’entièreté de la planète. Or, le système économique dans lequel nous vivons, de même que les régimes politiques et les États qui nous dominent, n’ont aucun intérêt à cela. Il n’en ont pas intérêt, car la menace de la faim les sert bien, comme la menace de se faire mettre à la rue et celle de vivre sous les bombes.

Si vous aussi avez envie de vous organiser avec nous ou si vous voulez partir votre propre cuisine pop, écrivez-nous! Ensemble, nous pouvons rendre visible le scandale quotidien dans lequel nous vivons et commencer, à petite échelle, à réfléchir au monde de demain.